Couverture du lIVRE – La Création perdue, de Jean-Robert Barrouquere : une lune rouge sur fond noir

Le lIVRE – La Création perdue

Couverture du lIVRE – La Création perdue, de Jean-Robert Barrouquere : une lune rouge sur fond noir

NOUVELLE ÉDITION

LE lIVRE
La Création perdue

Et si le récit de la Création n’était ni un mythe naïf ni une explication préscientifique du monde, mais un texte dont l’architecture ne devient intelligible qu’à la lumière de connaissances apparues des millénaires après sa rédaction ?

Jean-Robert Barrouquere · 348 pages illustrées

Une enquête plutôt qu’un acte de foi

Croyants et non-croyants lisent souvent la Genèse avec les mêmes images en tête : un Dieu à figure humaine qui façonne le monde en six jours, un couple placé dans un jardin merveilleux, puis chassé pour avoir mangé un fruit défendu. Ces images sont si familières qu’elles finissent par remplacer le texte.

Le lIVRE – La Création perdue propose de les mettre de côté. Jean-Robert Barrouquere revient aux mots hébreux, aux verbes, aux nombres, aux répétitions et à l’ordre précis des événements. Il les confronte ensuite aux connaissances actuelles : cosmologie, physique, géologie, biologie, embryologie, génétique, anatomie et histoire. Non pour prouver la Bible par la science, mais pour se demander si deux langages séparés par des millénaires peuvent décrire une même architecture.

Chaque rapprochement est soumis au lecteur comme une pièce d’un faisceau d’indices : à lui d’examiner, de douter, de comparer et, s’il le faut, de réfuter. Le livre ne remplace pas un dogme par un autre ; il cherche à rendre une liberté de lecture que les traductions, les habitudes religieuses et les certitudes modernes ont peu à peu recouverte.

Son fil directeur : la recherche des premiers. Première énergie, première lumière, première matière, première terre émergée, premières formes de vie, première conscience, premier meurtre, premier cataclysme, première civilisation organisée.

Des premiers jours à l’Homme

L’enquête commence par Dieu, car une mauvaise définition fausserait tout le reste. Loin du vieillard céleste ou du comptable des fautes, une réalité unique, immatérielle, parfaite et éternelle n’a ni besoin d’être flattée, ni raison d’être surprise par sa propre Création. L’Homme, lui, n’est pas créé pour être esclave : comme une cellule sert le corps, il est une parcelle consciente de la Création, capable de la dérégler ou de la réparer.

Le surgissement de la lumière est rapproché des premiers états de l’Univers : l’énergie, la matière, puis une longue opacité avant la première lumière observable. Créer, dire, nommer et faire ne désignent pas la même action ; la guématria devient un outil pour observer les rapports internes du texte ; le masculin et le féminin désignent deux polarités, bien au-delà du sexe. Quant à « il fut soir, il fut matin », la formule ne compte pas des journées de vingt-quatre heures, impossibles avant l’organisation des astres : chaque jour marque un degré supplémentaire de manifestation.

Viennent la séparation des eaux et l’atmosphère, la terre ferme, les premiers végétaux, puis les astres qui « apparaissent » : ils existaient déjà, mais deviennent visibles depuis le sol lorsque l’oxygène produit par les cyanobactéries transforme l’atmosphère. Suivent la diversification animale, puis l’Homme, qui rassemble en lui les formes qui l’ont précédé. L’embryologie et les nombres éclairent cette progression : la Création se lit comme une gestation.

Le septième jour n’est pas le repos d’un créateur épuisé, mais le moment où une autre œuvre peut commencer. Pour le texte, l’« Homme fait » n’est pas un individu masculin : c’est l’union de l’homme et de la femme.

Éden, le corps et la matrice

Adam n’est d’abord pas un nom propre : ha-adam, c’est l’humain, lié à adama, la terre. Le jardin d’Éden est la clé de voûte du livre. Ses fleuves, ses arbres et ses gardiens sont rapprochés d’une géographie du corps. Le serpent n’est plus mécaniquement Satan : sa forme et son mouvement évoquent le système digestif, le « cerveau des entrailles » et la puissance des pulsions.

Figue, grenade, olivier, amandier ; le plan du Temple de Jérusalem, ses piliers Jakin et Boaz, le Saint et le Saint des saints : autant de correspondances avec l’anatomie, illustrées pour que le lecteur juge par lui-même de leur force ou de leurs limites.

La « faute » devient une naissance : la séparation nécessaire d’avec une matrice protectrice. « Tu enfanteras dans la douleur » se relit « tu enfanteras dans la tristesse ». L’arbre de vie conduit à l’ADN : Éden devient le jardin de l’ADN, et l’être humain un chef d’orchestre dont les musiciens sont les cellules. Le jardin perdu n’est pas seulement derrière lui : il reste inscrit dans son corps, son génome et sa mémoire.

Du regard aux ruptures humaines

L’enquête se poursuit sur le regard – l’œil, la ménorah, l’arc-en-ciel, la rétine, l’expérience des fentes de Young – autour d’une formule qui traverse tout le manuscrit : l’Homme voit ce qu’il a envie de croire. Toute religion, toute idéologie devient un dogme dès qu’elle remplace l’examen par l’obéissance.

Caïn et Abel deviennent deux pôles de l’individu : la force qui bâtit et la sensibilité qui l’équilibre. Le Déluge, relu à la lumière des bouleversements climatiques et géologiques, fait de Noé l’Homme pragmatique, qui agit avant que le danger soit visible de tous. Babel montre comment l’uniformité détruit la fonction des différences : comme les organes d’un corps, les nations doivent coopérer sans se confondre.

La Torah apparaît alors comme un mode d’emploi du vivant et des sociétés, où la règle connue de tous rend la confiance possible. La liberté n’est pas l’absence de limites : c’est la capacité d’agir sans détruire le corps auquel on appartient.

La réparation

La Création n’est pas terminée, car l’Homme en est devenu l’un des acteurs. Il ne s’agit pas d’attendre une intervention extérieure, mais de comprendre, d’apprendre et d’expérimenter : le miracle ne dispense jamais du travail de la terre. Réparer, c’est retrouver la fonction oubliée : accorder les cellules, réconcilier le masculin et le féminin, la pensée et l’action, Caïn et Abel.

Le livre assume une tension constante entre rigueur et intuition. Il cite ses sources scientifiques tout en rappelant qu’une exégèse n’est pas une publication académique, et que certaines correspondances pourront être discutées. Sa promesse : rendre de nouveau passionnant un texte que chacun croyait épuisé.


L’auteur

Jean-Robert Barrouquere ne parle ni depuis une chaire universitaire ni depuis une autorité religieuse. Son parcours dans l’industrie pharmaceutique lui a donné une culture scientifique, notamment en infectiologie et en bactériologie ; son passage par la franc-maçonnerie a nourri son intérêt pour les symboles ; son métier de jardinier rend presque littérale sa relation avec Caïn et le travail de la terre.

L’enquête commence en 2012 à Ajaccio, avec la découverte des enseignements du rav Haïm Dynovisz. Une phrase du rav, selon laquelle il serait impossible d’expliquer la Création par la science seule, agit comme un défi. L’auteur se rend ensuite trois fois en Israël, en 2014, 2015 et 2017, accompagné de son épouse Patricia, qui rend possible une part essentielle de ce parcours.

Une première version paraît en autoédition en 2014. La nouvelle édition, fruit de quatorze années de maturation, est une refonte complète de la structure, du rythme, des images et des références : 348 pages illustrées, organisées en quinze mouvements, avec prologue, épilogue, postface et index scientifique.

Le Royaume de Dieu est bien de ce monde.
C’est peut-être nous qui n’y sommes pas encore.